Monde(s) (ir)réel(s) ?

by Betty Renoir on lundi 12 mars 2012

Pourquoi le monde ne nous suffit-il pas ? Un début de réponse ici ?

Voici un petit texte reprenant des réflexions que je mène depuis plusieurs mois pour organiser des questions qui me travaillent depuis... des années. Ce blog est d'ailleurs l'occasion pour moi de les partager avec vous et, qui sait, d'en débattre aussi ?

Démultiplication et perte de la réalité via les dispositifs techniques numériques

L’apparition des techniques numériques semble avoir démultiplié la réalité et jamais depuis quelques années nous n’avons disposé d’autant de dispositifs techniques pour accéder à ces multiples instances du réel. Mais accéder n’est pas comprendre. Car la réalité semble du même coup s’être délitée dans le virtuel, s’être éloignée, au point que sa consistance et donc sa définition semblent nous échapper. Réalité augmentée, réalité virtuelle, réalité mixte (Milgram & Kishino, 1994), réalité alternée, virtualité augmentée, réalité diminuée, PolySocial Reality (Applin & Fischer, 2011), réalité « intermédiaire » (Philippe Quéau, 1993), etc., autant de termes qui désignent des modalités différentes de rapport au "réel" induites par des outils/dispositifs techniques qui offrent chacun des points de vue et des opportunités d’action différents sur notre environnement direct. De là à soupçonner ces mêmes outils (la technique) de fracturer le réel au risque de nous plonger dans le solipsisme le plus complet, il n’y a qu’un pas que d’aucuns franchissent allègrement, oubliant par la même occasion qu’ils accusent de manipulation des outils qu’ils ont eux-mêmes conçus !

Tentative actuelle de résolution des dichotomies par l’hybridation

Nous avons des difficultés à penser le monde hypertechnicisé dans lequel nous vivons. Dans les discours, tout se passe comme si le numérique avait tout dissous sur son passage : le corps (du corps considéré comme de la simple viande au téléchargement de l'esprit dans la machine ; voir la cyberculture et certains transhumanistes), le territoire (Musso, 2008), les institutions, l’Etat (comme l’annonçait Pierre Lévy dans World Philosophie en 2000) – la réalité ? La numérisation transformant tout élément physique en suite de 0 et de 1 (cf. l’idée que si la matière c’est de l’information, tout est numérisable), toute chose du monde serait donc vouée à être dématérialisée, fluidifiée, virtualisée.

Il y aurait aujourd’hui deux réalités, deux mondes, parallèles, voire en concurrence : le monde physique (et réel) et le monde numérique, virtuel (lui-même dédoublé et plus ou moins considéré comme moins "réel" que le premier). Une fois ces deux termes (considérés comme opposés) posés, on lutte pour les rapprocher. Et si l’on a pu penser en termes de substitution - le monde numérique étant censé être appelé à remplacer le monde physique -, c’est aujourd’hui l’hybridation qui semble être la figure réconciliatrice. Prenant acte d’un double monde, il faudrait rechercher les lieux et modalités de nouage entre les deux mondes. On espère combler les dichotomies par l’hybridation. Mais dans l’idée d’hybridation, on retrouve toujours deux origines / deux mondes distincts (hybrida = de sang mêlé).

On a toujours fréquenté les mondes virtuels / imaginaires. Aujourd’hui, on peut les extérioriser avec les techniques du numérique. Mais, du même coup, on réifie ces mondes imaginaires.

Pourtant, on n’a pas attendu les dispositifs techniques de représentation / projection de la réalité pour voyager dans des mondes virtuels. L’esprit voyage depuis longtemps dans d’autres univers : littérature, théâtre, rêves, etc. « But we believe that virtual reality begins in the mind and requires no equipment whatsoever », affirment Jim Blascovitch et Jeremy Bailenson dans leur ouvrage Infinite Reality. Nos fors intérieurs renferment depuis toujours des réalités autres qui n’ont pas forcément besoin de la médiation technique pour prendre corps. Et ce n’est, semble-t-il, que depuis l’arrivée des techniques numériques que ces réalités autres semblent avoir perdu leur caractère "réel". Rappelons-nous les réactions provoquées chez certains spectateurs lors de la première projection des frères Lumière : c’est plutôt l’extrême réalité du train arrivant à la Ciotat que sa "virtualité" qui a été soulignée ! Projetant aujourd’hui nos mondes intérieurs et imaginaires au dehors via les techniques numériques, nous les réifions par la même occasion et devons à nouveau nous y immerger pour y avoir accès. « We stand now at the intersection of lure and blur [of the real]. The future beckons, but we’re only partway through inventing it. We can see the outlines of a new art form, but its grammar is as tenuous and elusive as the grammar of cinema a century ago. We know this much: people want to be immersed » (Franck Rose, dans The Art of Immersion).

D’où le besoin d’immersion

Pour réconcilier le "monde réel" et le "monde virtuel", pour tenter de comprendre cette réalité technologisée, il devient nécessaire de s’immerger. L’immersion semble être devenue un buzzword, comme l’a été le cyberspace de Gibson à son époque. Il faut s’immerger si l’on veut avoir une chance de comprendre le monde virtuel, si l’on veut pouvoir le mettre en mots. Pour comprendre notre monde technologisé, pas d’autre moyen que d’être dedans. Nous devons être DANS la technique. Comme le dit Lucien Sfez dans Critique de la communication (1990) : « Tissu inextricable dont nous avons tenté de rendre – s’il est possible – le dessin plus clair et qui se résume au simple fait que nous devons, pour survivre, échanger « quelque chose » par le biais du langage, au sujet de ce que nous supposons être le monde, notre enveloppe, notre environnement. Or cette enveloppe que les machines représentatives nous donnent à voir, à l’extérieur, distante de nous et objectivement indestructible, ne serait-elle pas un élément de notre propre constitution ? S’il en était ainsi, la spatialisation devrait céder devant un type de réflexion différent. Constatation banale, mais oubliée, nous sommes dans le monde, partie intégrante du système qui nous fait autant que nous le faisons. […] Nous communiquons directement avec le corps entier des hommes et de la nature dans les deux dimensions de la présence (synchronique) et du devenir (diachronique). Dominante préposition du dans. ».

On est en quête de réalité, on tente de retrouver le "vrai réel"

S’immerger dans le virtuel, pour retrouver le réel, à un moment où toutes les frontières sont brouillées (et si possible au moyen d’interfaces naturelles au point de faire disparaître la technique). Tout semble se passer selon le schéma suivant :

- Dans un premier temps, on dédouble à vau-l’eau la réalité (avec différents calques de réalité augmentée, avec la 3D, etc.). Et tous les objets de la réalité sont à leur tour dédoublés. Tous les observateurs de cette réalité aussi d’ailleurs.

- Dans un second temps, on sous-entend qu’il existe donc non pas une réalité mais deux réalités disjointes qu’il faudrait joindre à nouveau. Le corps serait dans l’une, l’esprit dans une autre.

- Dans un troisième temps, on cherche à redonner du sens. Tout est fragmenté, mais tout est lié en même temps (réseau, lien, interconnexion). Suffisamment pour que le monde se tienne à nouveau ?

Comme le rappelle la philosophe Anne Cauquelin dans son ouvrage A l’angle des mondes possibles (2010), on a du mal à considérer la version numérique de la réalité comme une réalité vraiment praticable, habitable. On ne peut pas supprimer la grounded reality (Blascovich & Bailenson, 2011), l’« ontologie d’arrière-plan ou ürdoxa » (Cauquelin, 2010) qui est une « ontologie qui ne constitue pas un mode d’emploi ni un processus de construction ; elle est immédiatement présente à elle-même, c’est l’archê, le réel de la réalité, ce qui nous lie à la terre, notre habitation principale ».

On utilise donc des objets / dispositifs techniques, toujours plus poussés, mais censés restituer toujours plus de "réel", du "réel plus vrai" (i.e. auquel on rattache un souvenir (rôle de l’émotion), géolocalisé c’est-à-dire ancré dans le territoire "réel", etc.).

Tant qu’on reste au niveau des objets techniques, on sera toujours dans des représentations doubles, ambivalentes.

Mais n’est-ce pas là justement le problème ? Chercher à retrouver une unité via la médiation qu’offrent les objets / dispositifs techniques, quand ces derniers portent en eux des imaginaires ambivalents qui semblent envenimer le problème ? Les problèmes de définition des degrés de réalité n’arriveraient-ils pas justement quand on reste au niveau des objets techniques (la technique va nous sauver ou nous fait peur, le monde virtuel augmente le "réel" ou ne fait que le copier, etc.) ? Tant qu’on reste au niveau des objets / dispositifs techniques, on n’échappe pas aux représentations qui les accompagnent. Car tout objet technique cristallise une culture, une société – ce que Georges Balandier appelle le « techno-imaginaire ». Tout objet technique étant « fonction et fiction » (Musso, 2009), il porte en lui des imaginaires – qui sont toujours ambivalents et ne permettront donc jamais de réconcilier des visions opposées de la réalité.

On peut donc se demander quels imaginaires président, autorisent, le dédoublement de la réalité … et les tentatives de recollage.

Depuis plusieurs dizaines d’années, la figure du cyberespace autorisait le dédoublement du monde. But cyberspace is everywhere now, having everted and colonized the world. It starts to sound kind of ridiculous to speak of cyberspace as being somewhere else”, explique William Gibson dans un interview récente. Le tournant actuel semble être le suivant : on essaye de recoller les réalités ensemble. D’où les débats actuels sur les différents degrés de réalités ? Sur la réalité augmentée ? Sur l’hybridation ? Sur la réalité mixte ?

Comment concilier notre besoin de nous projeter dans des mondes avec celui de ne pas se perdre dans leur multiplicité ? Si ce que nous nommons "réalité" est une construction, peut-être devons-nous accepter d'abandonner l'idée rassurante d'une réalité immuable et indépendante de nous, pour apprendre et partager les nouveaux codes qui nous permettent tous les jours un peu plus d’œuvrer ensemble à la construction de notre monde.


8 comments

Ah discussion passionnante, merci à Betty de nous la proposer!
Sans me lancer dans leur développement, les pensées qui suivent et que le propos m'inspire sont en synthèse un simple ajout de références, qui pour ce qui me concerne, m'aident toujours à clarifier la compréhension de la mutation à l'oeuvre, telles que :
-la correspondance micocosme - macrocosme
(cf. les fractales)
-la pensée analogique plutôt que logique
- l'humilité

Je ne citerais que ces 3 pistes. Il y en a d'autres, mais qui sont également liées entre elles et de la même façon.
Elles conduisent toutes à placer l'humanité non pas comme distincte de son environnement mais comme un de ses éléments.
Elles s'étayent de l'observation de phénomènes qui, s'ils ne le prouvent, interrogent au moins sur l'existence de lois qui nous échappent encore largement, si tant est que l'on accepte que le scientifique ou le religieux ne peuvent s'arroger à eux seuls la légitimité de les mettre à jour.

Un ou deux exemples pour illustrer:
au cours des 18ème et 19ème siècles,
-l'atome et l'inconscient ont été découverts au même moment, et simultanément à différents endroits du globe. La planète Pluton (qui existait déjà) n'a été identifiée par les astronomes qu'à ce même moment.
Le nom de Pluton, et quoique en disent les détracteurs de l'astrologie en raison de son géocentrisme, se réfère à la symbolique du magmas, du lourd, du contentieux, de la boite noire, des puissances occultes etc...
-Il en a été de même pour l'invention de l'électricité, au moment de l'identification de la planète Uranus, celle-ci renvoyant à la symbolique de la technologie, de la révolution (industrielle à l'époque) etc.
-En 2011 des chercheurs du CNRS semblent bien avoir découvert des particules capables de voyager plus vite que la lumière.
Alors qu'à la fin de cette même année la planète Kepler-22b a été identifiée par la NASA, très comparable à la terre mais hors de notre système solaire...

Alors la question à se poser serait dans la logique des deux exemples précédents :
est-ce un hasard que dans le même temps nous assistions à la révélation par le biais des nouvelles technologies, de notre capacité à percevoir que la réalité recouvre davantage d'éléments que ce que nos perceptions, conscience et raison nous livraient jusque là?

Sommes nous trop immodestes pour refuser ce qui semble s'imposer de fait, à savoir de nouveaux accès (ou des accès retrouvés?)à des dimensions plus conséquentes de l'univers?

S'il n'y a de réalité pour nous les humains que dans ce que nous sommes capable d'éprouver ensemble et de partager, il faudra bien nous rendre à cette évidence, que nous ne sommes qu'un des acteurs de quelque chose de beaucoup plus vaste à qui nous ressemblons et qui nous ressemble.
S'il nous importe à nous de décrypter chaque fois un peu plus ces lois, nous pouvons nous rappeler du potentiel existant au delà des 10% d'utilisation de notre cerveau -puisque cela semble être la jauge établie.

Alors je pense que ce potentiel, en ce sens, cette intelligence "virtuelle"(!!) est entrain de nous faire une poussée d'adrénaline sérieuse. Le relai assuré par les transmissions accessibles instantanément d'Internet en accélère le partage de façon inédite dans l'histoire de l'humanité. Alors si ce que l'on partage est le réel, nous sommes entrain de découvrir les nouvelles limites du réel tout en les partageant. D'où ce sentiment un peu vertigineux, nos repères fragilisés, avec un facteur temps -pour autrement assimiler- soudain gommé...

by Cheops Forlife on 12 mars 2012 à 10:03. #

Merci beaucoup pour ce commentaire Cheops !
La dimension de partage me paraît essentielle en effet. Qu'est-ce qui me garantit que ce que je perçois et que j'interprète comme étant réel ne l'est pas que pour moi ? Rien en fait ; à moins que d'autres que moi ne l'expérimentent aussi. A moins que nous ne partagions des codes, des représentations, des manières de vivre notre expérience commune - qui est alors "réelle" pour nous. Cela rejoint, il me semble, cette idée de "découvrir les nouvelles limites du réel tout en les partageant".
Les fictions/constructions des uns ne peuvent-elles pas devenir des réalités pour les autres :)?

by Betty Renoir on 13 mars 2012 à 11:02. #

Bonjour, nous avons deux nouveaux documents sur la réalité PolySocial (PoSR). Celui-ci est sur ​​la réalité PolySocial et Environnements intelligents (Internet of Things):

1) Pervasive Computing dans le temps et l'espace: La culture et le contexte de l'intégration 'Place'

http://anthropunk.com/Files/Applin_Fischer_PervasiveComputingInTimeAndSpace.pdf

Le plus récent on discute pourquoi nous avons besoin Réalité PolySocial comme un modèle à remédier à la fragmentation dans l'environnement logiciel géo / local / social / mobile actuel:

2) La réalité PolySocial: Perspectives pour Etendre les capacités de l'utilisateur au-delà mixte, double réalité et mixte

http://www.dfki.de/LAMDa/2012/accepted/PolySocial_Reality.pdf

by s.a.a. on 16 mars 2012 à 22:46. #

P.S. Nous ne sommes pas dualiste - nous pensons qu'il ya une réalité et nous sommes assez ferme abou cela. Merci.

by s.a.a. on 16 mars 2012 à 22:47. #

La question centrale de la réalité est qu'elle est construite. Tout le travail des société humaines - quels que soient les époques et les lieux - consiste à produire une "réalité commune" qui puisse être partagée par tous les membres.

Que sa perception nous paraisse naturelle est doublement normal, d'abord parce que nous avons fondé notre expérience (individuelle et collective) sur cette construction, ensuite parce qu'elle est normative : elle norme nos comportements, attitudes, pensées et relations. Or cette perception de la réalité est tout sauf naturelle, elle est au contraire la chose la plus construite qui soit. Elle fonde la quasi-entièreté d'une culture sociétale en distinguant et en énonçant ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est réel et ce qui est irréel, etc.

Du coup l'irruption d'autres perceptions du réel (virtualité, augmenté, hybridation, ...) liées au numérique réinterroge en profondeur ce background collectif. Deux attitudes se dessinent globalement : ceux qui dénient à ces nouvelles formes le droit à "être réelles" (relever de la réalité) et ceux qui considèrent que ça en relève pleinement.

Je trouve que c'est une vraie question de fond qui engage profondément le devenir de notre relation au monde (de quel monde parle-t-on alors ?)et aux autres, et du coup celui de nos sociétés. A partir du moment où le "discours de réalité" (qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui ne l'est pas...) se pose c'est qu'une mutation sociétale assez radicale se profile.

(voir par ex comment ces questions sont apparues avec les Lumières et la nouvelle "relation au réel" que cela a impliqué : une relation raisonnée, rationnelle - dont nous sommes les héritiers détenteurs - est venue en moins d'un siècle supplanter une relation essentiellement religieuse)

by Alain Brégy on 21 mars 2012 à 01:31. #

@ s.a.a.

Bonjour,

Merci beaucoup de m'avoir indiqué vos deux autres articles que j'ai lus avec beaucoup d'intérêt.

Avant toute chose, je souhaite préciser qu'il n'était pas dans mon intention de dire que vous ne croyiez pas en l'existence de la réalité. Je n'ai aucun doute à ce sujet. De même, concernant la question du dualisme, je pense qu'en tant qu'Occidentaux, il est difficile pour nous de renier cet héritage. Je constate seulement que, dès que nous abordons les questions relatives au numérique, nous avons du mal à penser sans réactiver certaines catégories que l'on pense traditionnellement comme irréductibles et indépendantes : le réel et le virtuel, l'âme et le corps, l'esprit et la matière, etc. J'y vois plusieurs raisons, que j'espère développer plus tard : l'imaginaire véhiculé par la cyberculture ; l'emploi de l'expression "réalité virtuelle" dans le langage commun, alors qu'elle est issu du monde des ingénieurs ; le besoin de simplifier face à la difficulté pour décrire de manière exhaustive les modalités d'interactions possibles qui s'ouvrent à nous via les technologies numériques (comme vous le dites très bien : "It's exhausting just describing it"), etc.

C'est la raison pour laquelle ce qui m'intéresse, c'est comment nous nommons, comment nous nous représentons et comment nous partageons notre / nos réalité[s]. Le vocabulaire et le langage commun pour décrire nos expériences au contact des technologies numériques restent sans doute à inventer, et c'est ce que je soulignais au début de mon article en citant les différentes manières de qualifier notre rapport à notre environnement technique.

A la lecture de vos articles, je constate que nous nous retrouvons sur de nombreux points, notamment :
- comment concilier les "lieux" et "non-lieux", le "monde réel" et les "espaces virtuels" ?
- comment se mettre d'accord sur un monde commun quand des personnes différentes, insérées dans des contextes différents, dans des lieux différents, partagent des informations, des images, des émotions, via de multiples canaux et de manière synchrone ou asynchrone ?
- la nécessité de créer des conventions communes (techniques, mais aussi cognitives à mon avis) pour que les différents points de vue puissent se rencontrer et cohabiter, sans perdre leurs nuances respectives
- l'importance du partage de ces conventions communes pour favoriser l'empowerment et soutenir le développement des capacités créatives de chacun.
Je suis d'accord avec vous, la fragmentation et l'isolement ne sont pas inévitables.

Enfin, et à mon avis, si de nouveaux dispositifs techniques peuvent nous aider à nous repérer et à agir avec plus de pertinence et de facilité dans notre environnement physico-numérique, c'est sans doute la création et l'appropriation par tous d'un langage commun et de nouveaux codes partagés qui nous éviteront l'impression de perte de réalité et qui nous permettront d'accéder à une vision commune de notre monde.

by Betty Renoir on 23 mars 2012 à 04:29. #

@ Alain

Merci pour ton commentaire. Je suis totalement d'accord avec toi pour dire que la question centrale repose sur le fait que la réalité est construite. Et c'est justement parce qu'elle n'est jamais définitivement construite mais toujours en redéfinition, notamment via le numérique, que le débat est aussi passionnant et mérite qu'on s'y implique.

Si, comme tu le dis, interroger le "discours de réalité" est le signe d'une mutation sociétale, alors il est plus qu'essentiel que nous continuions d'échanger sur tout cela ;)

by Betty Renoir on 23 mars 2012 à 05:42. #

trouve que le monde académique avance doucement, très doucement... ;-)

by Olivier Auber on 1 juin 2012 à 01:11. #

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